Le voyage botanique

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Cet été j’ai pu réaliser un de mes rêves: j’ai réussi à teindre du tissu en utilisant mes propres teintures végétales.

Depuis que je cuisine, j’avais remarqué que certains fruits et légumes laissaient des traces de couleur. Parfois ce n’était que ce qu’on peut vulgairement appeler des tâches de nourriture.

Pour moi, observer comment le mauve des betteraves ou de certaines confitures devenait vert en quelques instants était quelque chose de fascinant et mystérieux. J’ai profité de l’été, de ses jours plus longs où j’ai un peu plus de temps pour me consacrer à extraire les teintures des plantes et à expérimenter.

Mes principes

Depuis le début je m’étais fixée des règles, même s’il s’agissait d’expériences. Je devais travailler avec des restes, des épluchures, des branches et des feuilles que je ne devais pas acheter. Mon engagement était tout d’abord avec le milieu. Il était hors de question de gaspiller la nourriture.

Il ne s’agissait pas non plus de ravager les sentier sur lesquels je me promène. Certaines plantes sont protégées, d’autres invasives ou toxiques et il y en a qui poussent sur des propriétés privées. Le mieux c’est d’identifier à l’avance ou avec un livre les plantes que nous utiliserons.

Une autre condition à laquelle je tenais (et j’y tiens encore) est que je ne devais pas aller loin pour trouver mon matériel de teintures.

Je ne voulais pas non plus acheter beaucoup de nouveaux objets afin de satisfaire les besoins de mon nouveau passe-temps. Je voulais recycler.

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Les premiers pas en teintures végétales

Je suis débutante dans ce loisir, je vous raconte mes expériences. Il y a des gens qui le font depuis des années et savent énormément de choses. J’espère pouvoir progresser afin de partager plus de connaissances. A continuation vous trouverez les matériels nécessaires pour teindre de petites quantités de tissu.

Les matériels basiques pour commencer la teinture avec des plantes sont:

  • Du tissu de coton, du lin ou de la laine naturelle. Les teintures végétales se fixent beaucoup mieux sur des matériels non synthétiques. J’ai eu la chance de trouver des coupons en coton et en lin chez Emmaüs. Pour commencer il est mieux de s’entrainer sur des tissus de vieux vêtements. Si nous voulons apprécier les nuances de couleur, il est préférable de choisir des tissus (ou des habits) blancs ou pas teintés.
  • Une marmite ou casserole en aluminium ou un autre matériel inoxydable. Ce récipient ne doit pas être destiné à la cuisine après. J’ai trouvé une paire de petites casseroles chez Emmaüs.
  • Des plantes pour expérimenter. J’ai essayé avec des épluchures des oignions, des mûres un peu abimées, des pommes de pin, des betteraves, des orties, des fougères, des noix. J’ai essayé aussi avec du vin rouge (qui tournait au vinaigre).
  • Une cuillère en bois ou louche. Comme pour les récipients, elle ne doit pas être destinée à autres chose qu’aux teintures végétales.
  • Des pinces en bois pour remuer et manipuler le tissu.
  • Du temps.
  • De la patience.

Procédure

1. Laver le tissu, cela aide à que la teinture « prenne » mieux. J’ai utilisé des petits coupons de maximum 30 x 30 cm.

2. Laisser sécher le tissu.

3. Extraire le pigment des plantes. Il faut mettre les feuilles, branches, pommes de pin ou des épluchures dans une casserole avec suffisamment d’eau pour les couvrir. 1 litre d’eau est plus qu’assez. Réchauffer sans faire bouillir, remuer avec la louche et tenir au feu doux pendant une heure. Ne pas utiliser la louche ou la cuillère en bois pour la cuisine car même avec des actions simples il y a des changements chimiques qui pourraient être toxiques.

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4. Filtrer le liquide pour enlever les petites branches ou feuilles. Y introduire le tissu que nous avons passé par l’eau avant.  J’ai ajouté du sel au liquide mais le sel n’est pas le meilleur mordant, je sais donc que quelques uns de mes tissus teintés vont se décolorer. Laisser le tissu dans la casserole à l’ombre pendant 24 heures ou une nuit.

5. Rincer à l’eau le tissu ensuite. Faire sécher dans un endroit à l’abri de la lumière.

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Les experts préparent les tissus avec des mordants. Je n’ai pas encore utilisé de mordants. Un mordant est un agent qui aide le pigment à s’accrocher au tissu. Les plus connus sont l’alun, le sulfate de fer et les tanins

Quelques uns de mes textiles teintés ont une couleur très éphémère. Je le sais maintenant mais je ne le savais pas cet été. J’ai adoré cet expérience et j’ai l’intention de m’entraîner avec plus de connaissances et d’expérience l’année prochaine. Je veux utiliser des mordants aussi.

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Mes connaissances sur les plantes se sont approfondies et j’ai encore tellement à apprendre! quand j’observe une plante, un arbre, une mauvaise herbe, je reste épatée par les processus d’évolution. Les changements au fil des saisons, la floraison… tout se passe en silence et avec grâce. C’est un changement dans les couleurs et dans les formes.

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Mon voyage botanique vient de commencer. Je vous invite à m’accompagner et à le suivre car je continuerai à écrire sur les teintures végétales, les plantes et mes découvertes.

Si vous avez aimé cet article n’hésitez pas à le partager!

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