Teinture de brou de noix (Troisième partie)

Si vous avez suivi les 2 premières recettes (retrouvez les ici et ici) pour faire de la teinture avec du brou de noix, je vous livre dans cette article la dernière.

C’était pour moi une nouveauté mais je pense renouveler l’expérience. J’ai profité du fait que j’avais des restes de noix oxydées de la première recette, j’ai donc décidé donc d’explorer cette solution.

Ce sont les restes de brou de noix de la première teinture.

En général, ce mode de teinture est connu sous le nom de teinture solaire ou « solar dyeing ». Le soleil est censé intervenir en aidant à l’extraction de la teinture des plantes. Pour cela, le tissu ou les fils de laine doivent être placés dans un bocal exposé au soleil rempli d’un mélange d’eau et de matériel de teinture. Les règles sur les mordants ne changent pas pour cette façon de teindre : les mordants doivent être utilisés si les plantes et les textiles l’exigent.

Matériaux:

  • 200 grammes de tissu de coton
  • 15 noix entières (avec le brou) ou le brou oxydée de 15 noix
  • Eau à 60° plus ou moins
  • Un bocal en verre, propre et avec un couvercle hermétique
  • Mordant (aluminium de potassium ou acétate d’aluminium selon que l’on utilise de la laine ou du tissu).

Procédure

Appliquez le mordant au tissu comme vous avez l’habitude de faire, quand il est encore humide, mettez-le dans le bocal. Il est pratique de placer la plante, la racine, les fruits ou les fleurs qui donneront la couleur dans un sachet de gaze. Ainsi, il n’y aura pas de restes collés au tissu ou à la laine. (Ce n’est qu’un détail facultatif).

Le brou de noix libère rapidement de la couleur.

Déposez les noix oxydées, puis remplissez le bocal avec de l’eau tiède à chaude. Utilisez l’eau du robinet ou chauffez-la sur le feu. Refermez le bocal. Vous pouvez aussi le faire en sandwich c’est à dire: mettez le brou de noix en dessous, du tissu ou de la laine dessus et terminez par une couche de brou de noix.

Peut être que j’aurais dû trouver un bocal plus grand ou mettre moins de tissu.

Trouvez un endroit ensoleillé dans le jardin ou la maison. Retournez le bocal de temps en temps et attendez.

Avec un bocal il est possible d’observer de façon plus détaillée les changements de couleur.

La patience est cruciale dans cette recette car il faut des semaines pour obtenir des résultats. Je connais des gens qui laissent les pots fermés pendant des mois. Il est recommandé de suivre le soleil pour que l’eau se réchauffe et que la teinture puisse agir.

Quand j’ai commencé cette expérience il faisait encore chaud et les jours étaient ensoleillés.

Pour cette expérience, j’ai attendu trois semaines. Je préviens que le tissu peut sentir mauvais. Cela s’explique car le récipient n’a pas été hermétiquement scellé et pasteurisé. Il est normal qu’il y ait des bactéries (non dangereuses) qui se soient reproduites.

Mon bocal a circulé par tout le jardin.

Au bout de trois semaines, pendant lesquelles on peut observer le changement progressif de la couleur du tissu, j’ai découvert le bocal, et comme prévu je l’ai laissé sécher. Puis je l’ai lavé et laissé sécher à nouveau. J’avoue que ce fut une surprise de me retrouver avec des motifs absolument inattendus. En général, je ne recherche jamais une uniformité totale dans les résultats avec les teintures naturelles et ces taches me semblent esthétiquement très intéressantes.

J’ai accroché le tissu à la fenêtre afin d’apprécier les motifs qui s’étaient formés.

La grande majorité des gens souhaitent obtenir des tissus teints de manière uniforme . Dans ce cas, je ne sais pas si de grandes quantités de tissu peuvent être teints efficacement dans des bocaux. Je pense que non parce que l’un des secrets de l’uniformité est qu’il doit y avoir assez d’espace pour déplacer le tissu et qu’il faut aussi constamment remuer avec une cuillère ou un bâton en bois.

Le tissu en dessous de tout est celui obtenu avec cette recette. Les autres, je les ai fait avec des sources de chaleur conventionnel comme le feu de la cuisinière. Les 3 échantillons les plus foncés ont été obscurcis avec du sulfate de fer.

L’avantage de la méthode que je viens de décrire est qu’elle nécessite peu de temps de surveillance et pas de combustible (on peut chauffer l’eau au début en la mettant au soleil). Elle est donc tout à fait écologique et économique. Il est intéressant d’observer la métamorphose du tissu et de documenter le noircissement progressif de la couleur. On peut le faire avec des enfants qui seront intéressés par cette expérience.

Un conseil supplémentaire : utilisez des plantes aux propriétés tinctoriales connues.

Si cet article vous a aidé ou inspiré, partage-le ! Cela ne coûte rien et cela m’encourage a écrire et à partager ce que je fais.

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